Quand la construction d’une usine de compostage se transforme en une décharge d’ordure

Le projet de construction de l’usine de compostage sur le site de Thialakoun peine toujours à se concrétiser. Ce projet financé par l’ONUDI en partenariat avec le gouvernement butte à des obstacles qui ont conduit à l’arrêt brusque des travaux .

Usine_de_Compostage_en_construction_Credit photo_Sally Bilaly Sow

Usine_de_Compostage_en_construction_Credit photo_Sally Bilaly Sow

Aux abords d’une route poussiéreuse se trouve une unité de compostage en construction, c’est bien sure cette usine qui avait commencé à donner une lueur d’espoir aux populations de la commune urbaine, quant à une future transformation des ordures entachées sur toutes les artères comme des nids de poules.

Usine_de_Compostage_en_construction_Credit photo_Sally Bilaly Sow

Usine_de_Compostage_en_construction_Credit photo_Sally Bilaly Sow

Sur ce site, les travaux sont arrêts aucun ouvrier n’est sur le chantier, ni le gardien pour sécuriser les lieux. Direction vers l’intérieur de cette architecture qui donne une apparence sombre et un espoir incertain ou des planches sont regroupées coté droit, plus loin à l’angle gauche, c’est un autre compartiment qui présente les mêmes caractéristiques à quelques mètres non loin de la rentrée barricadée par des morceaux de bois qui empêcheraient les animaux d’y ériger domicile.

Usine_de_Compostage_en_construction_Credit photo_Sally Bilaly Sow

Usine_de_Compostage_en_construction_Credit photo_Sally Bilaly Sow

En lieu et place d’une unité de compostage, c’est une décharge d’ordures qui commence déjà à pousser avec des débris de tout genre qui favorise la visite sans cesse des charognards et d’autres animaux domestiques qui font de ces lieux un centre de prédilection pour une ambiance a leur guise. Juste devant cette décharge des brisques restantes cèdent aux intempéries de la nature.
Il faut signaler également qu’un risque sanitaire se profile à l’horizon pour les populations riveraines qui vivent quotidiennement avec ces ordures.
Partant de ce constat , rien ne prouve pour le moment que cette unité de compostage sera fonctionnelle dans les années à venir surtout quand on sait qu’un cas de détournement de 7 millions de fg avait été signalé par l’un des jeunes qui avait bénéficié la formation en technique de compostage, même si ces accusations ont été démentis à la dernière minute par le point focal du dis projet.
Il serait important que les autorités compétentes s’impliquent activement dans l’exécution de ce projet notamment la commune qui est un partenaire direct du projet.

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« Les violences liées au genre : un problème complexe »

hopital regional de Labe

hopital regional de Labe, portail d’entrée

Hôpital Jean-Paul II, dans la banlieue de Conakry. Ça fait trois jours que moi et Mamadou, mon binôme au sein de la formation Sunukaddu en storytelling, on cherche à rencontrer le docteur Habib Traore, spécialiste des questions de genre. A chaque fois, c’est la même réponse : « Revenez demain à la même heure. » Et le lendemain, pareil. Il a l’air très occupé, ce toubib. En désespoir de cause, on décide, avec Mamadou, de chercher un autre spécialiste. Notre choix se porte sur le Docteur Ismaël Diallo, médecin chef au service des urgences à l’hôpital régional de Labé sur les violences basées sur le genre. Problème : Labé, c’est loin, 450 km. C’est en moyenne Guinée,une région montagneuse, la troisième ville du pays. On décide donc de faire l’interview par téléphone. Pour ça, on achète 10 000 GNF de crédit Orange. C’est moi, Bilal, qui pose les questions que nous avons préparées ensemble

  • – Bonjour docteur, pouvez-vous nous parler des violences basées sur le genre dans votre région ?
  • – Ces violences sont fréquentes. Nous avons un site de prise en charge où nous recevons et traitons des femmes victimes de violences basées sur le genre. Le dernier semestre, nous avons fait un dépouillement des statistiques : 23 cas de violences basées sur le genre ont été traités.
  • – Les violences basée sur le genre, c’est quoi exactement ?
  • – C’est l’ensemble de tous les actes de violences dirigées contre les femmes ou des filles du fait de leur sexe, susceptibles de leur causer un préjudice ou des souffrances physiques ou psychologiques.
  • – Quelles sont les principales causes de ces violences ?
  • – Elles sont multiples. Il y a par exemple l’insécurité des personnes et de leurs biens. Il y aussi les situations de dépendance. C’est-à-dire, si une fille ou une femme dépend entièrement d’une autre personne, celle-ci peut tenter en échange de la violer. L’invalidité physique et mentale peut aussi être une source de violence. L’alcool peut jouer un rôle essentiel. Il y a les traditions discriminatoires, comme celle qui consiste à dire que la femme uniquement doit s’occuper des tâches ménagères. Il y a bien sûr la pauvreté, qui peut conduire à la prostitution. La question de l’éducation sélective, aussi.
  • – Les femmes sont conscientes de leurs droits ?
  • – La plupart du temps, non. Certaines femmes victimes de ces violences ont peur de porter plainte contre les violeurs. Et cette méconnaissance encourage la violence.  Biiip, biiip, biiip. Ah ! Plus de crédit… Mamadou va négocier auprès de Idrissa Mbaye, de la formation Sunukaddu, un nouveau crédit Orange de 10 000 GNF. On rappelle.
  • – Pardon docteur, on a été coupé.
  • – C’est pas grave, continuez.
  • – Quelles sont les conséquences sanitaires des violences basées sur le genre ?
  • – La transmission de maladies. La plupart des femmes ne connaissent pas le statut sérologique des violeurs. Pas plus que le leur, d’ailleurs. De nombreuses maladies peuvent se transmettre, notamment le sida, la syphilis et la gonococcie, l’hépatite B.
  • – Comment se fait la prise en charge des victimes à l’hôpital de Labé ?
  • – C’est un problème complexe. Il y a souvent des dommages corporels sur la victime et il faut nécessairement un volet médical. Les personnes violées aussi peuvent porter plainte pour dommage et intérêt afin qu’on puisse arrêter le coupable et le traduire devant les juridictions compétentes. Dans la prise en charge, il y a un volet psychosocial. Si une personne est violée, elle peut être indexée par la société, voir même stigmatisée. Un autre volet porte sur la réinsertion. Lorsqu’une personne est violée, elle peut perdre son poste si elle travaille. Donc, on peut la confier à une association, de façon à ce qu’elle ne se sente pas isolée.
  • – En quoi consiste spécifiquement du volet médical de la prise en charge ?
  • – Lorsque nous recevons une femme ou fille violée, nous l’examinons pour essayer de retracer l’histoire du viol, sa nature, les circonstances, l’état du violeur. Par exemple, est-ce que c’est un fou ? Est-que c’est un tuteur ? Ainsi nous pouvons recueillir des preuves médicales.
  • – Comment ces femmes violées sont perçues par la société ?
  • – Vraiment, c’est un sérieux problème. Ces femmes sont souvent indexées et rejetés. C’est ce qui les conduits parfois à ne pas exposer leurs problèmes. Lorsqu’une femme est violée, aucun homme ne veut s’engager pour l’épouser. N’oubliez pas que nous sommes dans une communauté fortement islamisée, et c’est une chose qui est punie par la religion.

On prend congé du docteur. Ouf, il ne nous reste que 600 GNF de crédit. Mamadou me dit que le docteur a raison à propos des discriminations. Il me raconte qu’il a entendu parler de certaines filles violées qui tentent de se suicider par manque de soutien familial. D’autres encore cherchent à quitter le pays. C’est un comble, tout de même. Non seulement ce sont les filles qui sont violées mais en plus, après, ce sont elles qui se suicident ! Il faut changer ça.